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FranÇois Perea, Linguiste.
Maître de conférences, habilité à diriger des recherches.
- Université Montpellier III
- ITIC (Institut des technosciences de l'information et de la communication)
- Laboratoire Praxiling UMR 5267 CNRS

enseignementS
- Licence Sciences du langage, parcours "Communication, médias et médiation"
- Master Sciences du langage "GEFNUM" (responsable du M1)
- Master Sciences du langage "Français Langue Etrangère"
- Licence Professionnelle Intervention sociale

Domaines de recherche
Affect, corps et subjectivité dans le discours pathologique (addiction), ordinaire (discours pudique) et médiatique (nouveaux médias : interpellations, inscriptions).
L'ancrage principal se situe dans les sciences du langage (TDI : texte, discours, interaction, approche ancrée dans des corpus réels).

Partenaires et liens
- Observatoire des pratiques médiatiques émergentes, avec l'Ecole de Journalisme de Lille, antenne de Montpellier et le CLEMI (financement : MSH-M).
- Membre de l' "Institut de recherche et d'études sur les mécanismes addictifs"(IREMA)
- Membre de l'association "Genres, sexualités et langage" (GSL)

Partenariat avec les universités :
- Salerne (Italie), et Paolo Diana
- Tlemcen (Algérie) et le département de Français

Sites de chercheurs et collègues :
- Marie-Anne Paveau, "La pensée du discours", à Paris 13
- Marc Levivier (addiction), à Paris 8



 


OUVRAGES

Langage et clinique de l'alcoolisme

couverture

François Perea et Jean Morenon, 2009, Langage et clinique de l'alcoolisme, éd. Presses Universitaires de la Méditerranée.
Les auteurs de ce travail, l'un linguiste, l'autre clinicien, se sont attachés au langage de l'alcoolique, convaincus que l'alcoologie aussi bien que les sciences du langage pourraient bénéficier de regards complémentaires. La première rencontre avec le discours de l'alcoolique se fait au cabinet médical, dans le cadre d'entretiens où le patient est appelé à se confier et à dévoiler ses excès. Ici, le comportement verbal est dominé par des dénégations et des mensonges. Mais la signification ambiguë de ces attitudes langagières n'est pas toujours perçue par l'intervenant. L'étude se poursuivra au bistrot, lieu où l'alcoolique satisfait sa compulsion. Au comptoir les discours sont libres et spontanés. Ils ne sont influencés ni par des visées thérapeutiques, ni par des démarches de résipiscence. Ici l'alcoolique parle. Il parle même inlassablement mais, on découvre que de conversation, il n'a pas : converser, échanger des propos, ne lui est pas soutenable. Conduite au « ras du texte » et n'œuvrant que sur ce qui est immédiatement accessible, cette étude a éclairé plusieurs singularités dont le phénomène de la répétition et son retentissement temporel interprété comme l'effet et le reflet de l'assujettissement pulsionnel auquel est soumis le patient. Dans la mesure où la récurrence du besoin appelle le retour insistant d'un état qui a existé et qui doit exister encore, le sujet se voit contraint à une réeffectuation du passé, réelle et immédiate, sans que l'expérience vécue ait été pensée, sans que le temps de boire puisse valoir pour lui-même. Le lecteur découvrira les conséquences cliniques, sémiologiques de ce bouleversement temporel dans les relations de l'alcoolique à l'alcool, à son être, à son entourage et à sa thérapie.
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Les jeux contradictoires de la parole et du corps

couverture

François Perea et Jean Morenon, 2008, Les jeux contradictoires de la parole et du corps, éd. L’Harmattan, coll. “psychologiques”.


Cet ouvrage part d'une expérience commune : sous le coup d'un bouleversement, qu'il soit sensoriel ou émotif, qu'il se prolonge ou ne dure qu'un instant, les mots viennent à manquer et le discours construit fait défaut. Les auteurs font le constat d'une incompatibilité entre l'acte linguistique et l'acte corporel qui révèle à leurs yeux deux modes distincts d'être au monde. Les auteurs observent et analysent cette inhibition dans les circonstances les plus courantes, notamment la parade amoureuse, la scénographie sexuelle...


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Je & autres. Les masques de nos personnes

couverture

François Perea, 2003, Je & autres ; les masques de nos personnes, éd. L’Harmattan, coll. “langue & parole”.


"Je t'aime", "je suis Untel"; je suis ton fils" ou bien encore "je est un autre" : le "je" est toujours là, en marque incontournable. Le "je" c'est la personne de celui qui le parle, inscrite dans son discours ; c'est le point de départ et le référent stable d'une image de soi. On remarque alors comment celui qui parle dépasse bien son "je", se faufile sous d'autres personnes, et comment la première travaille l'ancrage identitaire pour faire sens de soi.


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Paroles d'alcooliques. Discours - interaction - subjectivité

couverture

François Perea, 2000, Paroles éthyiques ; du discours au sujet, Université Paul Valéry – Montpellier III.


Cet ouvrage a l'originalité d'analyser des paroles d'alcooliques qui ne sont pas des témoignages de repentis, , mais qui ont été recueillies aux comptoirs de bistrots, lors de conversations ordinaires. Après avoir situé dans nos cultures les pratiques de consommation d'alcool, l'auteur étudie les discours et les interactions des alcooliques. Il s'interroge ensuite sur une conception du sujet alcoolique qui se dessine à travers ses productions et son comportement langagier.


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COORDINATIONS

Le discours pornographique
discourspornographique

2014, M.-A. Paveau et F. Perea (coordinateurs), « Le discours pornographique », numéro thématique de Questions de communication, à paraître.


Corpus sensibles
Corpus sensibles

2014, M.-A. Paveau et F. Perea (coordinateurs), « Corpus sensibles », Cahiers de praxématique, à paraître.


Parole et addiction
paroleetaddiction

2013, Levivier M., Perea F. et I. Ceria (éds.), Parole et addiction, Paris, Erès, coll. Humus.


Depuis quelques années, la recherche sur les addictions s'enrichit d'un ensemble de travaux qui s'attachent à entendre la parole des sujets. La tâche n'est pas aisée. D'abord, parce que celui qui écoute interfère dans le message qui se voudrait transparent : le contexte institutionnel, le statut des différents interlocuteurs déterminent en partie le discours du « soigné ». Ensuite, parce que le sujet n'est pas totalement maître de sa parole. Cet ouvrage entend réunir des approches qui généralement se méconnaissent: le linguiste s'intéressera au discours du sujet tel qu'il révèle ses positionnements, en réaction à l'autre, en écho au discours, le considérant comme locuteur ordinaire. Le clinicien s'intéressera à la parole telle qu'elle prend sens pour un sujet, dans une épistémé subjective que les mots invitent à reconstruire. Dans ce dialogue, c'est une invitation pour chacun, quelle que soit sa place, à écouter autrui selon tous les registres qui font la richesse du langage. Car les soins de l'âme contemporaine nécessitent l'analyse la plus fine des rapports entre le sujet parlant et les passions qui animent et qui agitent nos sociétés : les addictions.
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Sciences du langage : quels croisements de disciplines ?
2003, Sciences du langage : quels croisements de disciplines ? Presses universitaires Montpellier III. Colloque des jeunes chercheurs en sciences du langage, 20 et 21 juin 2002. (Membre du Comité d'Organisation).
Se dire
2002, F. Ducros, P. Gabellone, J.-M. Prieur (éd.), B. Salignon et François Perea (éd.), Se dire, n° spécial de la revue Traverses. (Organisateur de la journée d'étude).


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Langues en contact et incidences subjectives
2002, Langues en contact et incidences subjectives, revue Traverses, n°2, Presses universitaire Montpellier III.
Langues : fonctionnements, représentations, enseignement et apprentissage
2001, Langues : fonctionnements, représentations, enseignement et apprentissage, Presses universitaires Montpellier III.

ARTICLES

Pseudonyme en ligne. Remarques sur la vérité et le mensonge sur soi

Pseudonyme masque

2014, Perea F., « Pseudonyme en ligne. Remarques sur la vérité et le mensonge sur soi », Sens dessous, n°14, juin.


Le pseudonyme et le mensonge ? Parce qu'il dissimule l'identité véritable – c'est-à-dire ici civile – le pseudonyme en ligne serait un faux de la parole et faciliterait, si ce n'est incarnerait, le mensonge. L'association apriorique est trompeuse.
Revue Sens dessous

Fragmentation et saisissement pornographique...

Fragmentation

2014, Perea F., « Fragmentation et saisissement pornographique : une approche par les légendes des sites web », dans la revue Itinéraires, numéro intitulé « textualités numériques » coordonné par M.-A. Paveau.


Le corpus sur lequel repose notre étude est extrait de sites pornographiques particuliers : gratuits et populaires, ils proposent des extraits vidéographiques d'une durée variant de quelques secondes à plusieurs dizaines de minutes. Dans un contexte où l'image et l'attraction scopique paraissent être les ressorts essentiels et annihilant les autres codes (l'internaute visite le site pour voir), nous remarquons l'importance de ces messages linguistiques (légendes des vignettes, menus des catégories) qui participent de la mise en scène/forme médiatique pornographique. Nous observons d'abord le travail de catégorisation, via les pornotypes, des personnages, scènes et actes représentés, en référence aux niches commerciales et au dispositif médiatique. Nous poursuivons en interrogeant les légendes des vignettes vidéographiques, qui constituent des motifs narratifs entre scripts (Gagnon et Simon) et pseudo-récits. Nous concluons sur les mécanismes d'interpellation sensible et sémiotique via le matériau linguistique de ces sites.
Revue Intinéraires

Bonnes et mauvaises pratiques dans les corpus consacrés aux sexualités numériques

Pseudonyme masque

2014, Perea F., « Bonnes et mauvaises pratiques dans les corpus consacrés aux sexualités numériques. Discussion et exemples autour du consentement et de l'anonymisation », Cahiers de praxématique, n°59, M.-A. Paveau et F. Perea (coordinateurs), à paraître.


L'observation des transactions sexuelles et de productions pornographiques oblige à une réflexion à la fois pratique, éthique et législative sur la constitution du corpus. C'est que le caractère sensible du corpus est doublement marqué dans ce contexte. D'abord, parce qu'il comporte de nombreuses données personnelles, telles des photographies, des images diffusées depuis des webcams, des pseudonymes, des indications de localisation géographique, des adresses électroniques qui suffisent à obliger le chercheur à recourir à de « bonnes pratiques » (O. Baude et al.) pour protéger la vie privée des personnes qui pourraient être identifiées, comme c'est le cas pour toute recherche s'appuyant sur une collecte permettant d'une manière ou d'une autre une telle reconnaissance. Ensuite, parce que la nature des données ayant trait au corps et à la sexualité exposent l'intimité et la chair des personnes concernées. Je propose donc un retour sur ces pratiques d'enquête et de constitution de corpus pour montrer comment le chercheur, malgré sa volonté de s'y conformer et sans vouloir les remettre en cause, est parfois contraint de déroger à certaines normes liées à l'éthique de la recherche… pour des raisons éthiques . Mon propos se concentrera ici sur les questions de l'obtention du consentement et de l'anonymisation dont je présente les principes au préalable.
Revue Cahiers de Praxématique

Eléments du pathos pornographique...

Pathos pornographique

2014, Perea F., « Eléments du pathos pornographique. Mise en scène et affects dans les dialogues de films pornographiques », dans Questions de communication, M.-A. Paveau et F. Perea (coordinateurs), à paraître.


Le travail présenté dans cet article repose sur l'observation de dialogues dans des séquences pornographiques diffusées sur des sites portails du web communément appelés tubes. Après avoir présenté de manière générale les productions langagières présentes dans ces extraits vidéographiques, il se concentre sur les productions les manifestations vocales et verbales de l'émotion, leurs liens dans la distribution des rôles actanciels et interactionnels (procurant / procuré) et leur rôle dans la mise en scène de la vraisemblance des affects. Pour finir, il revient sur les éléments de l'énonciation pathémique des personnages et l'entreprise de captation du spectateur.
Revue Questions de communication

Adresse et (inter)subjectivité dans le discours de l'alcoolique

CHAPITRE D'OUVRAGE - 2014, Perea F., « Adresse et (inter)subjectivité dans le discours de l'alcoolique », dans Parole et addiction, Levivier M., Perea F. et Belz Ceria I. (éds), Paris, Erès.


Le discours de l'alcoolique de comptoir, parce qu'il n'est pas tout inscrit dans l'intimité de la solitude, tente d'assurer un travail de cohésion interne et de reconnaissance publique au fil directeur de thèmes récurrents . Chez lui, la précarité du travail est manifeste, parce que celui-ci n'est effectué qu'au prix d'une relation à l'autre marquée par sa désubjectivation (quelle correspondance avec lui sans réelle adresse ?), de la répétition du discours et d'altérations temporelles semblables à celles de la consommation compulsive (quels destinataires dans le temps ?), d'un déni particulièrement marqué avec la conduite addictive (d'une lettre détournée , destinée à soi-même ?), etc. Sur notre écoute enfin, de destinataires distanciés et raisonnables, comme indirectement nous nous faisons adressés. Sous la chaude protection de la théorie qui nous la fait entendre selon nos règles, une interpellation des sujets parlants que nous sommes. A chacun son histoire heureuse et chaotique, à tisser de lettres, de regards et parfois de fils blancs. Notre regard posé sur ces paroles à part, regard de l'ordinaire, du sain, de l'acceptable, trouve parfois là-bas, chez lui, son semblable. La question alors nous inclut dans l'objet si l'on se demande ce que la parole de l'alcoolique révèle, en l'accentuant, de nos paroles qui se veulent ordinaires.
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Les addictions et le langage

Revue Dépendances

2014, Levivier M. Perea F., Ceria Belz I., « Les addictions et le langage », Dépendances, n° 51, Genève.


Depuis son étymologie, l'addiction est affaire de langage, de parole, de rapport à l'autre et de dépendance. Était déclaré addictus et adjugé à son débiteur celui qui n'avait pu tenir ses engagements, celui qui n'avait pas tenu sa parole engagée. Mais surtout, nous sommes sans cesse à mobiliser les ressources du langage : représentations, entretiens, réunions, écrits de toutes sortes, théories, etc. Les usages de substances sont à la fois objets de discours mais aussi et parfois notablement, modificateurs des manières même de parler, des façons d'interagir avec autrui. En portant l'accent sur les paroles et les interactions dans les usages d'objets d'addiction, il s'agit ici de mettre en lumière ce niveau spécifique de notre réalité quotidienne et de questionner la diversité des écoutes de la parole. Quelles sont ses particularités discursive? rhétorique? narrative? interactionnelle? D'où viennent les mots auxquels on recourt? De quelles significations sont-ils porteurs? Il s'agit d'un champ de recherche et d'action exploré depuis plusieurs années à l'occasion de journées d'études, d'interventions en colloques, de formations et de publications (articles, livres, numéros de revues) et dont la diversité des contributeurs (médecins, psychiatres, psychologues, infirmière, formateurs, philosophes, linguistiques, historiens...) manifestent avec force que la question du langage intéresse les professionnels des addictions tout comme celle des addictions intéresse les spécialistes de la langue. Cette livraison de dépendances, fruit d'un joli partenariat franco-suisse, est l'occasion de synthétiser des travaux antérieurs et aussi de proposer de nouveaux objets de recherche, par renforcement de liens déjà établis, par de nouvelles rencontres, que l'occasion aura permises, des auteurs dont les questionnements sont proches. Face à l'ampleur de notre tâche, c'est dans un esprit d'ouverture transnational et interdisciplinaire que nous devons travailler, pour croiser les savoirs et augmenter nos ressources pour faire face aux défis de la pratique. Finalement, le langage n'est-il pas ce qui nous relie ?
Site de la revue Dépendance

Les échanges dans les forums de masturbation internationaux

image forum masturbation

CHAPITRE D'OUVRAGE : Perea F., 2013, « Les échanges dans les forums de mastrubation internationaux : relations et scripts autour de l'acte corporel intime virtuel », dans Les relations intimes internationales, sous la direction de F. Dervin, éd. Archives contemporaines.


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(im)possibilités de dire le plaisir / déplaisir

impossibilite affect

Perea F., 2013, « (Im)possibilités de dire le plaisir / déplaisir », dans la revue Interstudia, n°13.


La réhabilitation des émotions, opérée notamment depuis deux décennies, a permis de les reconsidérer non plus comme des éléments isolés et perturbateurs de la communication, mais comme des dynamiques déterminantes, à part entière et égale avec la raison dans les pratiques discursives, interactionnelles et interactives.
Le plaisir et le déplaisir, diversement catégorisés comme affect, émotion… (nous aurons à en discuter) trouvent alors place honorable (et analysable) dans les productions langagières (Planton, Doury, Traverso, 2000).  De fait, les approches s’attachent au discours émotionné plutôt qu’au discours ému (Plantin 2011) puisque, la communication suppose « une maîtrise des émotions » (Vion).

Nous proposons, à travers des extraits d’analyse de corpus , de présenter un modèle permettant d’observer les fluctuations de l’énonciation, de l’énoncé et de l’énonciateur dans un continuum étendu de l’énonciation de l’affect à la désénonciation (définie comme l’impossibilité de dire sous le coup de d’une sensation ou d’une émotion trop prégnante et les substituts aux discours construit).

Ivresse, défonce et énonciation

ivresse, défonce et énonciation

Perea F., 2012, « Ivresse, défonce et énonciation», dans la revue Psychotropes, 2012/1 vol.18.


Cet article propose une présentation des fluctuations de l'énonciation lors des différentes phases de l'ivresse (énonciation affectée / désénonciation) et leurs conséquences dans le cadre d'une réflexion sur les dynamiques subjectives de la dépendance.


Site de la revue Psychotropes
Nommer/énoncer l'affect

shout

Perea F., Levivier M., 2012, « Nommer/énoncer l’affect », dans la revue La lettre de l’enfance et de l’adolescence, n°87.


Les rapports entre parole et affects sont variés.
Si l'émotion peut moduler le discours, ou encore le motiver, elle peut aussi le suspendre. Et si le sujet peut exprimer ou expliquer un affect, une émotion qui est la sienne ou celle d’un autre, il est aussi des cas où il perd son statut de sujet parlant et où il n’est plus alors capable de produire que des cris inarticulés ou des formes désémantisées. L'esquisse du modèle d’un processus de désénonciation permet un repérage de différents régimes de discours corrélables aux affects.

Après une approche définitoire des principaux termes désignant les états affects (émotions, affects, etc.) et leurs acceptions dans ces lignes, nous procédons à l'un examen des possibilités d’expression « en langue » des émotions, avant d’observer les fluctuations affectives de l’énonciation.
De la nomination à l’innommable, de l’énonciation à la désénonciation, la nature à la fois sensible et symbolique du sujet parlant se trouve interrogée.


Site de la revue La Lettre de l'enfance et de l'adolescence
Ecouter, parler, entendre dire

dialog

Levivier M., Perea F., 2012, « Ecouter parler, entendre dire », dans la revue Le sociographe, septembre.


Écouter parler, entendre dire. Approche linguistique des conduites addictives. Si le langage est le propre de l'homme, ce n'est pas pour autant que nous parlons comme nous le voulons. Cela peut être le cas dès qu'il s'agit de parler de ce qui est source de gêne, pudeur, honte, comme par exemple, la dépendance à une substance psychotrope. Après avoir rappelé le cadre des situations d'interlocution et distinguer les entretiens des conversations, nous mettons à jour plusieurs procédés auxquels ont recours des usagers dépendants afin de pouvoir parler à propos de leurs consommations, de leur dépendance.


Site de la revue La Lettre de l'enfance et de l'adolescence
Les sites pornographiques par le menu : pornotypes linguistiques et procédés médiatiques

porncategories

Perea F., 2012, "Les sites pornographiques par le menu : pornotypes linguistiques et procédés médiatiques", revue Genre, sexualité et société, n°7.


Dans un corpus constitué de menus de navigation de sites web pornographiques, nous analysons les catégories proposées, destinées à classer les extraits vidéographiques afin de mieux orienter l’internaute pornophile.
L’analyse de ces catégories (ayant trait aux personnages, à leurs activités sexuelles et aux procédés médiatiques) invite à proposer, à côté de la notion de stéréotype, celle de « pornotype » défini comme un trait réducteur résultant de l’atomisation de la scène sexuelle et de ses participants en un élément métonymique accrocheur et incitatif (pornotypes féminins, masculins, liés aux actes organiques et à leur sécrétion, liés à la relation mono-orientée). Nous observons par la suite que ces pornotypes s’associent dans les légendes des vignettes selon un schéma narratif minimal ne débouchant pas sur un développement du récit, figurant ainsi un « langage pornographique ».
L’analyse des catégorisations des genres pornographiques tels qu’elles sont proposées par ces sites de la toile nous invitent, enfin, à poursuivre une réflexion sur un procédé d’interpellation opérant sur le mode de la fiction ou, au contraire, sur celui de la mise en scène d’une pseudo-réalité.  
Lire l'article sur le site "Genre, sexualité et société"

Etude de l'inscription pronominale de la personne lors de séances d'un groupe de paroles de Csapa (I)

csapa

Levivier M., Perea F., Ceria I. et Casanova D., 2011, « Étude de l'inscription pronominale de la personne lors de séances d'un groupe de paroles de Csapa (I) », dans Les cahiers de l'Ireb, n°. 20.


Indépendamment des personnalités, milieux socioculturels, âges ou expériences de vie, l’alcool fait parler différemment. Un mot est très fréquemment associé à ce constat : déni. Toutefois, rares sont les recherches qui l’ont pris pour objet, celles-ci s’intéressant préférentiellement au déni en tant que mécanisme de défense psychique et non pas à ses manifestations langagières. S’inscrivant dans un projet plus vaste, portant sur les caractéristiques langagières générales des malades alcooliques, nous présentons ici une étude basée sur l’analyse des discours de patients réunis dans un groupe de paroles en Csapa. Après avoir présenté le contexte et notre cadre théorique (Benveniste, Coïaniz, Kerbrat, Perea), nous analysons les thèmes récurrents développés par les sujets et « l’inscription et la circonscription de soi » à travers le jeu des pronoms personnels. Ces données sont alors comparées à celles recueillies lors d’une précédente recherche, basées sur des conversations de bistrots.

Se dire avec le déni

dénialcoolisme

LevivierM. , CasanovaD. , PereaF. , CeriaI. , 2011, "Se dire avec le déni : paroles d'alcooliques" , dans la revue Le courrier des addictions, Mars.


Indépendamment des milieux professionnels, culturels, dès qu'il s'agit de parler de ses alcoolisations, on n'a plus le même "discours". C'est d'autant plus vrai que la personne est en difficulté avec le produit. On entendra souvent dire à son propos qu'elle "est dans le déni". Pourtant les travaux portant spécifiquement sur ce "déni" restent rares, et les recherches sur les us et coutumes langagières des malades alcooliques sont à peu près inexistantes.
Nous présentons donc ici les axes majeurs d'une étude portant sur l'analyse de discours de patients réunis dans un groupe de paroles en Centre de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa).

L'identité numérique, de la cité à l'écran

identiténumérique

Perea F., 2011, « L'identité numérique, de la cité à l'écran. Quelques aspects de la représentation de soi dans l'espace numérique », dans la revue Les enjeux de l'information et de la communication.


l'espace virtuel du web social, les dynamiques subjectives se travaillent entre identité civile et identité numérique. Cet article, après avoir explicité les grandes caractéristiques de l'interaction dans le web social, s'attache à présenter ces deux bornes du continuum identitaire sur le net. Ce cadre posé, l'auteur s'attache au personnage-écran, une forme extrême de la subjectivité numérique, construit entre liberté et contrainte du système.
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Les gros mots. Paradoxes entre subversion et intégration

gros mots

Perea F., 2011, « Les gros mots. Paradoxes entre subversion et intégration », dans la revue La Lettre de l'Enfance et de l'Adolescence, revue du GRAPE, n°83, à paraître.


Le plus souvent critiqués sur la scène sociale, ils figurent pourtant parmi les comportements universellement observés. Qu'ils jurent, insultent, s'exclament de joie ou d'exaspération... tous les locuteurs énoncent ces mots que l'on dit "gros" comme pour mieux les distinguer de la finesse revendiquée du langage policé.
Comment expliquer leur production régulière et tenace alors qu'ils exposent à la critique sociale ? Pour esquisser quelques pistes, nous observons d'abord les conditions - non maîtrisées - d'énonciation qui soulignent l'ancrage au corps et le lien à la pulsion qui rendent le gros mot subversif. Nous relevons ensuite les usages socialement acceptables du gros mot, qui devient un effecteur d'intégration, dans certaines circonstances à l'écart de la norme de prestige, dans des groupes où prévalent l'entre-soi et des cultures d'appartenance.

Les cris et leur usage captatoire dans les jeux télévisuels

cris jeux

Perea F., 2010, « Les cris et leur usage captatoire dans le jeux télévisuels  », dans la revue Interstudia, n°6 intitulé Feindre, mentir, manipuler , Revue du Centre interdisciplinaire d'étude des formes discursives contemporaires, à paraître.


Que le présentateur apparaisse, que la roue tourne ou encore qu'un candidat remporte le gros lot… les cris du public accompagnent l'action. Dans les émissions de jeux télévisés, ces manifestations d'ordinaire rendues discrètes, si ce n'est exclues de la vie sociale, apparaissent à foison. Plus encore : elles sont dirigées, mises en scène en une simulation de la ferveur spontanée.
Comment expliquer que les cris soient un ingrédient constitutif des jeux télévisés et, d'une manière plus générale, des réunions souvent distractives de masse (rencontres sportives, assemblées
politiques…) ?
Pour esquisser une réponse, nous interrogeons pour commencer la diversité des cris (individuels / collectifs ; spontanés / commandés ; verbaux / vocaux…) sur les plateaux des jeux télévisés. Nous poursuivons en rappelant la nature première et commune de ces cris, perceptible dans la forme typique du cri réflexe et sensible. Alors, nous en envisageons leur usage médiatique qui consiste à faire entrer le corps du téléspectateur dans le dispositif de captation ludique, pour en mobiliser les affects en un processus que Philippe Breton qualifierait de manipulatoire.
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Note sur les symptômes vocaux et verbaux corporels. De la rupture pathologique aux comportements ordinaires

gillesdelatourette

Perea F., 2010, « Note sur les symptômes vocaux et verbaux corporels. De la rupture pathologique aux comportements ordinaires », dans L’information psychiatrique, vol. 86, n°5 - mai 2010.
Cet article s'attache à un ensemble de phénomènes vocaux et verbaux irruptifs, non décidés et maîtrisés du point de vue de l'énonciation. Qu'elles soient morbides (symptômes dystoniques de la maladie de Gilles de La Tourette) ou ordinaires (cri du nourrisson, cris, jurons…), ces expressions prennent toutes leur impulsion dans le corps en tension du sujet. Dans ce contexte, les expressions vocales et verbales apparaissent en rupture avec le système de la langue et les régulations interpersonnelles. Elles signent ainsi un rapport au monde qui s'établit sur un mode archaïque, premier et primal, quasivégétatif et organique, méconnu mais qui pourtant, chez le sujet atteint de la maladie comme chez celui déclaré sain, existe de manière différente mais toujours composée de la même essence, du pathologique à l'ordinaire.

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Les maladies de la pudeur, la pudeur dans les maladies. Les jeux contradictoires de la parole et du corps

Perea F. et Morenon J., 2006, "Les maladies de la pudeur, la pudeur dans les maladies. Les jeux contradictoires de la parole et du corps", dans la revue Synapse, numéro 227, septembre.
Les auteurs étudient les rapports complexes du corps et du langage. Ils remarquent que si l'énoncé est un produit de l'énonciation, il l'influence aussi et celle-ci se trouve parfois inhibée ou déformée par le contenu même du message. Ou, plus justement, l'énoncé se dérobe à l'énonciation, par delà le vouloir de l'énonciateur.
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Les manifestations vocales et verbales pendant l'acte sexuel

Perea F. et Morenon J., 2006, "Les manifestations vocales et verbales pendant l'acte sexuel ", dans la revue Synapse, numéro 223, mars
La chose sexuelle ne traverse pas aisément le langage. Des inversions, des obstacles perturbent le "circuit de parole". La "concupiscence" de la chair engendre des interdits verbaux et gestuels impossibles à transgresser tant est forte l'exclusion réciproque de l'acte corporel et du message verbal.
On observera en premier lieu que l'acte sexuel engagé constitue en lui-même une forme de communication entre les êtres. Cette communication a pour caractéristique d'ignorer tout intermédiaire. Plus encore, cet acte, qui motive et anime le corps de l'autre, se confond avec le plaisir : chose communicante et chose communiquée ne peuvent plus être distinguées tandis que les paroles sont absentes des moments les plus intenses de l'amour. La suspension du langage en cet instant fait partie de l'expérience humaine la plus banale, mais elle constitue une énigme pour les linguistes.
Cette énigme est entourée de tels tabous que les productions langagières accompagnant l'acte sexuel, sont difficiles à collecter en vue de former un document d'étude. Précisons pour le lecteur que, même si elles reflètent la réalité, les oeuvres pornographiques ne sont d'aucun secours pour la science. Le son y est toujours post synchronisé et la mise en scène préparée. Dans le meilleur des cas il s'agit de simulations.
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Le sauvage et le signe. Les enseignements de l'histoire de Victor de l'Aveyron

victor

Perea F. et Morenon J., 2005, "Le sauvage et le signe. Les enseignements de l’histoire de Victor de l’Aveyron", dans le journal Nervure, • Tome XVII, numéro 9.
Les auteurs, après bien d'autres, re-interrogent l'oeuvre pédagogique entreprise par Jean Itard auprès de l'enfant sauvage de l'Aveyron. L'opportunité qui fut offerte à ce médecin constitue un événement resté unique dans l'histoire des sciences. L'extrême fécondité de ce travail est attestée par ses prolongements toujours en honneur dans divers courants de la psychologie scientifique et de la pédagogie. Il ne s'agit plus maintenant de juger d'un succès ou d'un échec mais d'en reconsidérer les enseignements à la lumière de concepts scientifiques qui n'avaient pas cours il y a plus de deux siècles.
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Alcoolisme et langage : hypothèse sur la tardive et difficile acceptation de la cure

Perea F. et Morenon J., 2004, "Alcoolisme et langage : hypothèse sur la tardive et difficile acceptation de la cure", dans la revue Nervure, Tome XVI, numéro 4.
Sous la pression du besoin, l'alcoolique attend-il autre chose que le retour à l'identique, c'est à dire la vérification, sinon la certitude, que ce qui a déjà existé va exister encore ? Dans les cas extrêmes, qui ne sont pas les plus rares, là est sa seule attente, voire sa seule pensée. Le retour accéléré du besoin impose des conduites répétées d'approvisionnement en alcool qui, par leur succession rapprochée, deviennent prévalentes sur les autres motifs d'action. Nous allons en déduire l'hypothèse qu'une certaine intensité de dépendance provoque, chez le patient alcoolique, une redétermination du temps subjectif sur le mode de la circularité, avec un corollaire : l'horreur du changement.
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Des silences, des cris et des hurlements

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Perea F. et Morenon J., 2004, "Des silences, des cris et des hurlements ", dans la revue Synapse, numéro 201, janvier.
Le parler des hommes est aussi fait de silences, de mots qui n'en sont pas, de mots qui échappent, de mots à signification perdue. Ainsi les auteurs ont-ils recherché les modes d'articulation et d'opposition entre les manifestations vocales et les manifestations verbales dans le langage humain. Mais ce travail devait les conduire sur le versant de la pathologie. Dans les maladies mentales, en premier lieu les psychoses, les manifestations vocales, cris, mots sans signification, hurlements sontune face importante de la symptomatologie (Ou plutôt étaient parce que les traitements modernes les ont quasiment fait disparaître).
Effectivement, sous réserve d'être attentif à une inversion systématisée, on retrouve dans les maladies mentales toutes les manifestations observées (sur ce sujet) dans la vie de tous les jours. Celles qui s'expriment ici l'espace d'un instant, s'exprimeront
là dans la durée ; ces actes vocaux qui échappent nvolontairement dans la vie courante sont intentionnellement proférés par les malades. Quoi qu'il en soit l'effet inhibiteur du mode vocal sur le mode verbal est une caractéristique commune au normal et au pathologique avec ce constat qu'il s'exerce chez les patients sur les paroles hallucinées. Chez eux donc, cet effet n'est pas subi mais recherché dans la mesure il protège des hallucinations, pouvant même constituer une condition de bien-être.
Là où la personne normale choquée exprime par le cri un ressenti si intense que la réalité ne peut se faire prendre pour le réel, le psychotique recours au pouvoir antagoniste du mode vocal, redoutant de prendre pour le réel la réalité hallucinatoire.
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Comportement verbal des alcooliques : idées reçues et lieux communs

Perea F. et Morenon J., 2003, "Comportement verbal des alcooliques : idées reçues et lieux communs", dans la revue Alcoologie et addictologie, numéro 25 (3).
Les cliniciens connaissent cette tendance des alcooliques à s'afficher tels des dictionnaires d'idées reçues vis à vis de leur affection. Pour les auteurs, ce mimétisme verbal ne saurait demeurer une curiosité clinique. Ils y voient une source d'interrogation et fondent leur hypothèse sur une étude de conversations de comptoir réalisée par l'un d'eux. Deux faits sont apparus : l'inaptitude des alcooliques à entrer véritablement dans une conversation et la répétitions des mêmes thèmes, propositions et vocables. Ces faits incitèrent à préciser les effets et les pouvoirs de la répétition et à explorer le mécanisme des conversations courantes. Un cheminement complexe a mis sur la voie d'une possible relation entre la répétition compulsive de l'acte de boire et une réorganisation temporelle sur un mode récurrent. Devant s'y adapter, le sujet utilise l'idée toute faite, véritable répétition non apparente propre à éviter crises, ruptures et blocages. Ce phénomène, banal et contingent dans nos conversations, devient contraignant chez l'alcoolique.
Il se place au rang des mécanismes de défense. On mesure davantage l'ampleur des difficultés linguistiques dans l'alcoolo dépendance et les restrictions imposées à l'expression de la personnalité. La grande fréquence des relations manquées avec
ces patients peut trouver là une part d'explication.
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Les négations dans le discours pudique : modalités et fonctionnements

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Perea F., 2003, "Les négations dans le discours pudique : modalités et fonctionnements", dans Sciences du langage : quels croisements de disciplines ? Actes du colloque ColJEc des 20 et 21 juin 2002, Montpellier
Nous nous attachons ici aux modalités et aux fonctionnements de certaines négations remplissant une fonction pudique, c'est-à-dire participant d'un ensemble de phénomènes langagiers2 présents lors d'un aveu, dans un discours honteux. Nous pouvons nous contenter, en préambule, d'une présentation large de la pudeur langagière : dans le discours, est marqué de pudeur ce qui ne peut être que difficilement dit à autrui, que ce dire puisse constituer une atteinte narcissique pour le locuteur ou (et) qu'il risque d'être une offense à la personne de l'interlocuteur. Dans ce contexte, la négation ne se contente pas de nier ce qu'il y a de honteux : elle permet aussi, nous le verrons, de dire ce qui était inavoué, sous couvert de stratégies de mise à l'écart et de défense.
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Je n'est pas alcoolique

Perea F. et Moreno J., 2003, "Je n'est pas alcoolique", dans la revue Synapse, numéro194, avril.
Les alcooliques sevrés ne craignent pas de dénoncer les capacités de mensonge que leur maladie avait développées en eux. L'intérêt des auteurs s'est porté sur les diverses modalités de la négation, instrument habituel de ces déformations linguistiques. Ils envisagent les diverses formes de négations grammaticales utilisées par les buveurs, accordant une place à la négation pour le dire. Ils remarquent qu'en clinique la négation n'indique pas nécessairement la mauvaise foi du consultant mais, au contraire, son échec à énoncer sa vérité.
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Du Je et de ses substituts : quelques remarques sur la circonscription de la personne de l'énonciateur

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Perea F., 2003, "Du Je et de ses substituts : quelques remarques sur la circonscription de la personne de l'énonciateur", dans la revue Traverses, numéro 5.
L'ambition de cet article est de pointer le référant du pronom personnel sujet je et le fonctionnement de ses substituts qui étayent et défendent le champ de la personne de l'énonciateur.
Nous commençons en présentant les pronoms personnels, la personne et ce qu'elle peut recouvrir de l'énonciateur, tels qu'E. Benveniste les décrit. Nous poursuivons en nous interrogeant avec A. Coïaniz dans un premier temps et analysant des extraits d'un corpus d'interactions avec des alcooliques dans un second temps, sur les substituts du je dans l'énoncé et en observant leurs fonctions (implication, spectacularisation, généralisation d'une part, détournement et extension d'autre part). On s'attache enfin { la "circonscription" de soi. Après avoir précisé les acceptions que nous donnons à certains termes (personne, individu, etc.), nous nous interrogeons sur ce que le je peut représenter de l'énonciateur et pointe ce qui lui échappe. On délimite ainsi un champ de la personne et observe, à travers les cas de détournements et d'extensions positifs et négatifs, comment les frontières de ce champ sont défendues et de quelle manière ce qui échappe à la personne, mais participe de l'individu, peut apparaître dans l'énoncé avec les substituts.
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L'alcoolique au comptoir. Etude sur le comportement verbal spontané des buveurs

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Perea F. et Morenon J., 2002, "L'alcoolique au comptoir. Etude sur le comportement verbal spontané des buveurs", dans la revue Synapse, numéro 190.
Les études réalisées jusqu'ici sur le langage des alcooliques ont été effectuées sur le terrain de la clinique.Elles ont interprété un langage éloigné du vécu quotidien des patients.L'étude présentée porte sur un corpus de textes recueilli discrètement par des enregistrements audios dans des débits de boissons.
Les personnes rencontrées au comptoir consommaient de manière régulière et excessive.L'étude a porté sur le "profil conversationnel" (nombre de mots, tours de parole), les modes de relations entretenus par les protagonistes (proximité/ distance et domination/ soumission), les relations non verbales, les thèmes discutés.
Deux faits ressortent de cette étude : l'inaptitude des alcooliques à entrer véritablement dans une conversation, et les répétitions incessantes produisant une modification du temps vécu dans le sens d'une circularisation.
On ajoutera "l'égotisme" inébranlable et le nombre restreint des thèmes abordés.Des questions incitèrent,en premier lieu, à préciser les pouvoirs de la répétition, à explorer ensuite le mécanisme intime des conversations courantes.
Il convenait d'y reconnaître en effet les sources d'incompatibilité rencontrées par ces patients.Un cheminement, dont la complexité
reflète celle de l'humain, a mis sur la voie d'une possible relation entre la répétition compulsive de l'acte de boire
et une redétermination temporelle interne sur un mode récurrent.Sur cette base nous proposons une hypothèse pouvant
rendre raison de la prédilection des alcooliques pour l'énonciation
d'idées reçues (vis-à-vis de leur affection) ainsi que des thèmes qui ont la faveur du discours : la mère, la femme et une certaine forme de persécution. Il devait se confirmer que le patient au bistrot n'est pas en mesure d'énoncer sa véritable surconsommation.
Globalement de fortes restrictions à se dire pèsent sur leurs personnalités, contribuant à l'impression de passivité et d'absence
d'autonomie.
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Une petite histoire à propos du sujet et de la parole

Perea F., 2002, "Une petite histoire à propos du sujet et de la parole", dans la revue Traverses, numéro 3
Ce qu'il y a { dire tient en peu de lignes. Qu'on nous permette cependant d'en passer par quelques historiettes.
L'enfant vient de naître. Il a quelques heures. Dans le berceau de la nursery de la chambre maternelle, il dort. Dans quelques instants, sa mère sera réveillée par l'enfant qui braillera fort. Elle sourira, se lèvera prendra la petite fille et lui présentera son sein.
L'enfant s'y colle, tête et se tait.
Il y a quelques temps déj{, qu'elles sont chez elles. L'enfant est dans son transat. Sa mère prépare son biberon et profite du temps que met ce dernier à chauffer pour mettre la bavette autour du cou de sa fille. L'enfant crie.
Quelques mois plus tard les parents écoutent l'enfant qui, de sa chaise haute, fait des vocalises ou fait vibrer ses lèvres en les forçant d'un souffle.
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L'alcoolisme sous silence : approche linguistique du déni de l'alcoolique

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Perea F., 2002, "L'alcoolisme sous silence : approche linguistique du déni de l'alcoolique", dans la revue Alcoologie et addictologie, mars 2002, tome 24, n°3.
L'objet d'étude de cet article est le déni de son addiction par l'alcoolique de comptoir. L'approche esdt linguistique et repose sur un corpus de conversations ordinaires enregistrées clandestinement. Nous abordons dans un premier temps les cadrages thématiques de la consommation d'alcool puis les diverses prises en charge pronominales de ces alcoolisations. Nous remarquons alors que l'alcoolique s'implique lorsqu'il est question d'usage irréprochables de l'alcool et reporte la responsabilité des consommations excessives sur des tiers. Nous poursuivons en présentant quelques stratégies de dénid e l'alcoolique : le choix dans le dicible, le déplacement temporel, le glissement sémantique et les "jeux pronominaux". Nous pouvons alors proposer une typologie de la négation de l'alcoolique (nier, se décharger, ne pas dire).
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Se dire ?

Perea F., 2002, "Se dire ?", Présentation et ouverture des Actes de la journée d'étude "Se dire", dans la revue Traverses, numéro 4 - HS.
Si "se dire" est un acte ordinaire, banal, il n'en est pas moins complexe, beaucoup moins évident qu'il ne semble, beaucoup plus essentiel et fondateur du sujet qu'on ne pourraity le croire. En parler relève alors du pari complexe. C'est que sur ce thème, il y a surtout des questionnements : qui parle ? que dire de soi ? et, pour présenter ceux qui relèvent ce pari : qui par parler ?

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Du discours au sujet alcoolique : hétérogénéité et identité

Perea F., 2002, "Du discours au sujet alcoolique : hétérogénéité et identité", dans les Actes du colloque L'invention de l'interprète, Paris Sorbonne nouvelle.
Pour un colloque sur l'interprétation, on commence par s'interroger sur le sens { donner aux mots. "Interpréter" vient du latin interpretari : expliquer, traduire. L'interprète est alors l'intermédiaire, le médiateur, le traducteur.
Dans son acception courante, le substantif interprète réfère au traducteur, à celui qui fait pour nous la traduction d'une langue étrangère à notre langue maternelle.
Du côté de la psychanalyse, on s'intéresse moins aux langues qu'{ la parole. Le terme "interprétation" est utilisé par S. Freud dans L'interprétation des rêves pour rendre compte de la manière dont le psychanalyste ou l'analysant donne une signification { un contenu latent, caché, travesti sous une forme, elle, manifeste.
Ce que nous désirons présenter ici, c'est notre expérience d'interprète (et certains de ses résultats) ; une expérience de "double écoute" qui nous confronte non pas { une langue étrangère et une langue maternelle, mais au discours de l'alcoolique, une parole ordinaire que nous avons été conduit à interpréter différemment, au delà de son sens manifeste.

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Conversation éthylique : singularité de l'autre

Perea F., 2001, "Conversation éthylique : singularité de l'autre", dans les Actes du colloque national des jeunes chercheurs, PUM3.
"Alcoolique", "ivrogne", "soûlard", "poivrot", "dipsomane" etc. les mots ne manquent pas pour désigner celui qui répète compulsivement la prise d'alcool. Ce foisonnement n'est pas sans poser problème : les connotations se mêlent et souvent se rejoignent pour stigmatiser celui que l'on singularise ainsi. Les alcoologues, désireux de s'affranchir de ces signifiants péjoratifs et soucieux de rendre objectivement compte de comportements multiples et à différencier ont proposé d'autres terminologies qui nous présentent "alcoolites", "alcoolomanes", "buveurs invétérés" et autres "alcooloses".
Diversité des regards de ceux qui observent et/ou jugent, diversité des comportements des buveurs de "tout poil " : nous avons à préciser dans ce champ l'acception que nous accordons au signifiant alcoolique. Les buveurs auxquels nous faisons référence ici sont des "alcooliques de comptoir ", des hommes (car les femmes étaient quasiment absentes sur les terrains que nous avons pratiqués) que l'on retrouve quotidiennement dans des débits de boissons à consommer à toute heure de l'alcool.
On se souviendra donc d'un individu à la démarche (a priori) socialisée, en tension avec l'autre : il ne s'agit pas là de l'alcoolisme clandestin de celui qui boit en cachette, honteusement peut-être.
C'est de cette tension qui s'inscrit dans le rapport à l'autre que nous voulons rendre compte ici. Pour ce faire, nous nous intéresserons particulièrement aux conversations de l'alcoolique.
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Récits éthyliques : genres et figures

Perea F., 1999, "Récits éthyliques : genres et figures", dans la revue Cahiers de praxématique, numéro hors-série : Actes du colloque "Discours, textualité, production de sens”.
"Éthyliques". Et pourquoi pas "alcooliques" ?
Le choix de l'adjectif n'est pas ici d'ordre esthétique : il vaut pour une double prise de distance.
Distance d'abord, avec le signifiant alcoolique qui charrie avec lui la stigmatisation sociale, l'anathème, ou prête à sourire : « Ah, à écouter les alcooliques, vous devez bien rigoler ! ».
Distance ensuite, avec la littérature des alcoologues qui trop souvent, quêtent les particularités du discours des buveurs compulsifs là où justement, elles tendent à s'évanouir ou sont paralysées : dans les centres de soins ou les associations de candidats au repentir.
"Éthyliques" alors, pour signifier que nous nous appuyons sur des récits observés in vivo dans des bistrots de quartiers, des productions libres, non dirigées, d'alcooliques de comptoir(s).
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Quand Marco devient Marc ; l'affectivité entre deux langues
François Perea, 1996, "Quand Marco devient Marc ; l'affectivité entre deux langues", dans la revue Travaux de didactique du FLE, numéro 38.

DIVERS

Documentaire France Télévision : "Victor de l'Aveyron"

2009 (diffusion France Télévision / France 3), Documentaire « Victor de l'Aveyron ». Auteur : Sonia Paramo et Catherine Aïra (réalisatrice), durée : 52', genre : documentaire / histoire, production : Les films figures libres. Intervention comme linguiste sur les difficultés de l'accès au langage de Victor de l'Aveyron.


Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron
Le 8 janvier 1800, un jeune humain est capturé dans l’Aveyron. Cet enfant muet, nu et au comportement sauvage intrigue. Il semble différent des enfants abandonnés, malades ou idiots, que l’on trouvait à l’époque.
Au lieu d’être rapidement intégré au sein d’un hospice et d’y finir ainsi ses jours, cet être va devenir un objet de curiosité. Curiosité populaire monstrueuse jusqu’à son arrivée à Paris à laquelle va s’ajouter la curiosité scientifique, impériale et royale par la suite.
Pris en charge au sein de l’Institut des sourds-muets de Paris et suivi par le célèbre médecin Jean Marc Gaspard Itard, ce "sauvage" baptisé alors "Victor" va focaliser tous les questionnements d’une société qui s’ouvre sur le XIX ème siècle. Préjugés et courants de pensée vont disséquer et se repaître de cet être. Au final, l’attitude bien que bienveillante au départ va vite s’inverser et les comportements vont être les mêmes que ceux que l’on accordera à son aussi fameux successeur "John Merrick" dit "éléphant Man".
Au vu de la médecine actuelle, Victor souffrait d’autisme, maladie inconnue et incomprise à l’époque. Devant l’inefficacité de toute méthode de "rééducation sociale", Victor devint, au bout de 11 ans d’étude, sans intérêt, d’autant plus que ses manifestations sexuées devinrent des plus visibles et des plus embarrassantes. De plus, il était la preuve flagrante donc gênante de l’incompétence des médecins et des philosophes qui, bien que prompts à le classer dans des grilles de systématiques, s’avéraient totalement incapables de l’éduquer. Même Itard, ne cacha pas sa lassitude et montra la disproportion entre l’effort éducatif et le résultat obtenu.
Victor quitta l’Institut des sourds pour rejoindre une bâtisse près du val de grâce en compagnie de sa nourrice, madame Guérin. Il mourut là dans l’oubli le plus total vers l’âge de 40 ans. Ce film réalisé sous la forme d’un docu-drama, retrace pas à pas l’histoire de cet enfant sauvage depuis son arrestation jusqu’à sa mort. Pour cela, la réalisatrice se base sur les riches correspondances et archives ainsi que sur les rapports qu’ont faits Itard et d’autres spécialistes.
Ce documentaire n’est pas uniquement l’histoire d’un enfant sauvage, mais il est surtout l’instantané de toute une société, d’une époque, désireuse de tout classer et de tout découvrir mais moins encline à tout comprendre.


Plus d'information sur le site du producteur
Thèse

François Perea, 2000, Paroles éthyiques ; du discours au sujet, Université Paul Valéry – Montpellier III.


Cette thèse a pour objet d'étude les productions langagières l'alcooliques "de comptoir". Dans un premier temps, nous nous attachons à décrire ce qui fait dans nos communautés la "culture de l'alcool'" et les pratiques auxquelles elle donne lieu. Cette division a pour objectif de rendre possible la prise de distance avec nos propres préjugés en même temps qu'elle permet de découvrir (d'une manière apriorique que devra contester la démarche empirique) l'alcoolisme et l'alcoolique. Dans une deuxième division (celle-là même qui constitue la partie centrale, capitale de la thèse), nous nous consacrons à l'analyse des particularités des "paroles éthyliques". Nous nous attachons aux thèmes récurrents, aux récits, à la subjectivité et aux conversations éthyliques, avant de proposer une synthèse qui se veut un fil conducteur entre les phénomènes observés dans ces différentes approches. Les caractéristiques discursives, énonciatives et interactionnelles de ces productions langagières nous conduisent, dans un troisième temps, à nous interroger sur les rapports parole / sujet et les fonctions de la parole éthylique. Enfin, nous proposons une ébauche d'une contribution des sciences du langage à l'alcoologie.


Lire la thèse sur HAL